LES CHAINES LEGERES LIBRES : UN MARQUEUR PRECIEUX...ET CHER

LES CHAINES LEGERES LIBRES : UN MARQUEUR PRECIEUX...ET CHER
Catégorie : Actualité scientifique et médicale

La découverte le plus souvent fortuite de gammapathie monoclonale de signification indéterminée (GMSI) est un évènement fréquent . Elle est considérée comme un stade précurseur du myélome. Elle progresse vers le myélome chez 1 % des patients par an, mais aussi vers d'autres maladies plasmocytaires comme l'amylose à chaîne légère ou d'autres maladies lymphoprolifératives. Ce risque de progression est constant, imposant un suivi durant toute la vie. Les modalités de ce suivi sont établies par l'International Myelome Working Group. Lors du dépistage d’une affection plasmocytaire, l’IMWG  recommande la mesure des Chaînes Légères Libres sériques (CLLs) en combinaison avec l'électrophorèse des protéines sériques et l'immunofixation. Mais la mesure des CLLs n’est pas actuellement incluse dans les directives de surveillance des GMSI.

Néanmons de nombreuses équipes les utilisent pour identifier les GMSI à haut risque, qui peuvent potentiellement être prises en considération afin de limiter la progression vers le myélome. Une étude récente a voulu vérifier l'hypothèse que l'évolution de la CLLs atteinte pourrait être un facteur de risque essentiel de progression.

Elle a porté sur 987 patients, d’âge médian 68 ans, avec une GMSI de type IgG, IgA, IgD ou chaîne légère, n’ayant aucun critère de gravité initialement, CRAB (troubles de la calcémie, Anémie, atteinte osseuse ou rénale) et n’ayant pas de pic monoclonal ≥ 30 g/L. Des prélèvements séquentiels (tous les 3 mois) ont été obtenus chez un sous-groupe de patients, et en accord avec l’IMWG, la progression était définie par une augmentation du pic monoclonal de 5 g/L ou une augmentation de la CLLs atteinte de 100 mg/L. Le suivi médian a été de 64 mois ; 92 % des patients n’ont pas progressé (GMSI-NP) tandis que 8 % ont progressé vers un myélome (GMSI-M).

Les études statistiques réalisées ont montré que 2 facteurs initiaux apparaissent comme des facteurs de risque très importants de progression, l'âge (> 65 ans) et le taux initial de la CLLs atteinte (> 100 mg/L).

Pour la surveillance, 2 indicateurs permettent de distinguer le risque d'évolution vers le myélome : Un rapport anormal des CLLs kappa-lambda (R < 0,26 ou > 1,65  observé dans 68 % des GMSI-M contre 38 % des GMSI-NP) et une augmentation du taux de l'Ig monoclonale de plus de 5g/L par rapport au taux initial. Une augmentation du rapport et du taux de l'Ig monoclonale conduit à resserer la surveillance et à être plus interventionniste. A l'inverse, la stabilité de ces indicateurs est rassurante.

Il semble donc possible de surveiller l'évolution des GMSI avec des marqueurs non invasifs et de réalisation relativement simple. Malheureusement, le dosage des CLLs n'est toujours pas remboursé en France et cet examen essentiel est donc toujours à la charge des patients (hors hospitalisation). Il faut espérer, compte tenu de ces nouvelles données, que son importance sera reconnue et qu'il sera inscrit à la nomenclature pour que les patients concernés par cette situation puissent en béneficier.

Jean-Michel Vialle, Médecin Biologiste
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