COVID 19 : CE QUE L'ON SAIT...

COVID 19 : CE QUE L'ON SAIT...
Catégorie : Actualité scientifique et médicale

Il y a eu tellement de contrevérités et d'hypothèses non vérifiées depuis le début de la pandémie que l'on en viendrait presque à douter de tout. Pourtant certaines données semblent consolidées : Incubation, excrétion virale, formes asymptomatiques, facteurs de risque, conséquences immunologiques …, sont désormais bien établies. Un bilan des connaissances a été effectué par deux grands experts du sujet, les Prs Daniel Lévy Bruhl (épidémiologiste à Santé Publique France) et Eric Caumes (Chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris), lors des récentes Journées Nationales de Médecine Générale (JNMG), qui se sont déroulées à Paris-La Défense les 1er et 2 octobre dernier.

  • Durée de la période d’incubation est comprise entre 2 à 14 jours, avec une moyenne de 5 jours.
  • Taux des formes asymptomatiques de 30 %.
  • Risque de décès de 0,5 % parmi les sujets infectés.
  • Contagiosité en rapport avec l’excrétion virale débute 2 jours, en moyenne, avant les premiers signes.
  • Concernant les signes cliniques, le premier signe d’infection était, en effet, non la fièvre (44,8 % des cas), mais l’anosmie (57,4 %), puis les céphalées (56,7 %), l’agueusie (46,4 %), l’asthénie (46,3 %), et les myalgies (45,2 %).
  • La bascule vers une forme grave, avec orage cytokinique se produit vers J10, J12 et si tout va bien à ce moment on peut donc rassurer.
  • Les cultures virales se négativent 8 à 10 jours après la guérison clinique tandis que la RT-PCR reste positive entre 15 et 25 jours, selon les études.
  • La réalité d’une transmission par aérosol au-delà d’une transmission par gouttelettes à 1 à 2 m est établie mais sa contribution difficile à quantifier.
  • Les anticorps de classe IgG sont, par ailleurs, détectables dans 95 à 98 % des cas, en général après 2 semaines, et à 90 % neutralisants. Leur titre restera sable 3-4 mois mais peut ensuite décliner rapidement. Les cas de réinfection secondaire sont très rares, et aucun événement de transmission secondaire n’a été détecté à partir d’eux. Le pourcentage de Français ayant des anticorps était de seulement 4,93 %, entre le 11 et le 17 mai 2020.
  • La charge virale est similaire entre sujets symptomatiques et asymptomatiques, adultes et enfants alors que la contagiosité diffère vraisemblablement.
  • Pas de protection croisée après contact avec des coronavirus saisonniers.
  • Les enfants sont deux fois moins sensibles à l’infection, et lorsqu’ils sont touchés, moins symptomatiques. La transmission semble rare à partir des jeunes enfants, et limitée à partir des écoles, ainsi qu’il a été observé dans les pays d’Europe du Nord où elles sont restées ouvertes.
  • Les principaux facteurs de risque sont, outre l’âge, l’HTA, l’obésité et le diabète, dans une moindre mesure les antécédents de maladie cardiovasculaire ou d’AVC, alors que l’asthme, à la différence de ce que l’on observe pour la grippe, intervient peu.
  • L’influence que pourrait avoir la grippe est mal appréciée. Dans l’hémisphère sud, elle a peu circulé durant l’hiver austral et il pourrait y avoir compétition entre les 2 virus, Mais, une publication a souligné que la sévérité de la Covid-19 augmenterait en cas de co-infection. D’où l’importance d’avoir une bonne couverture vaccinale anti-grippale (et pneumococcique) chez les sujets à risque.

Sources : 
D’après les communications de D. Lévy Bruhl (Paris) et É. Caumes (Paris), lors des Journées Nationales de Médecine Générale (JNMG, Paris-La Défense, 1er et 2 octobre 2020)

 

Jean-Michel Vialle (Labinterpret), Médecin Biologiste
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