EPICOV : NE PAS CONFONDRE ENQUETE DE SEROPREVALENCE ET SEROLOGIE DIAGNOSTIQUE

EPICOV : NE PAS CONFONDRE ENQUETE DE SEROPREVALENCE ET SEROLOGIE DIAGNOSTIQUE
Catégorie : Actualité scientifique et médicale

Pour les nombreuses personnes recevant à domicile les kits d'auto-prélèvement pour les différentes enquêtes épidémiologiques menées par les pouvoirs publics concernant le Covid 19, il est important de comprendre la différence entre ces dispositifs et les tests diagnostiques réalisés au laboratoire.

2 enquêtes à grande échelle sont actuellement menées. SAPRIS s'interesse plus à l'impact socétal de l'épidémie sur des populations à risque. La seconde, EPICOV  a pour objectif de connaître le statut immunitaire de la population dans tout le territoire. Il s'agit d'une enquête de cohorte à partir d'un échantillon représentatif de la population vivant en France sélectionné par tirage au sort en mai dans le fichier Fidéli de l'Insee, visant 150 000 à 200 000 répondants. Cette enquête devrait permettre de donner des estimations précises et fiables au niveau national et à l’échelle des départements de la proportion de personnes ayant développé des anticorps anti SARS-CoV-2.

La première vague d’EpiCOV est lancée (mai 2020) et associe la passation d’un questionnaire par téléphone ou internet et la proposition d’un kit d’auto-prélèvement pour un sous-échantillon de répondants (20 000 environ) en vue de la réalisation d’une sérologie. Ces prélèvements permettront, dans un premier temps, d’évaluer avec précision la pénétration du virus dans les départements qui ont été particulièrement touchés (dans le Grand-Est, en Ile de France) et au niveau national. Lors de la seconde vague d’enquête qui se déroulera à partir du mois de juin, tous les répondants se verront proposer un kit (100 000 kits attendus dont 10% pour tous les membres d’un même foyer) et une estimation pourra être faite pour chacun des départements français. Les prélèvements doivent être faits par les patients par auto-piquage et il faut ensuite humécter un papier buvard avec quelques gouttes de sang. Le buvard est envoyé par la poste vers 2 centres de tri et ensuite expédié vers le laboratoire de virologie (« Unité des virus émergents », Inserm, IRD, Aix-Marseille Université) par un transport réfrigéré.
Actuellement, aucun test n’a encore été désigné comme apportant des résultats suffisamment fiables pour être utilisés en routine et qui plus est dans le cadre d’une telle étude à grande échelle. Quelles sont les propriétés et qualités auxquelles ces tests ou les tests devront répondre pour être considérés comme fiables? Pour ces études, les tests réalisés sont des tests sérologiques. Dans son avis publié le 2 mai 2020, la Haute Autorité de Santé a souligné l’intérêt de ces tests dans les enquêtes épidémiologiques. Une stratégie combinant deux tests a été élaborée par l’Unité des virus émergents. Dans un premier temps, des traces d’anticorps vont être recherchées. Pour ces tests, le but est d’avoir une bonne valeur prédictive négative : un résultat « négatif » permet d'exclure avec confiance le fait que les personnes n’ont pas été en contact avec le coronavirus. Puis, sur les échantillons « positifs », un test de séroneutralisation avec une forte valeur prédictive positive va être réalisé. Il permettra de confirmer la présence d’anticorps actifs contre l’infection. Cette stratégie permet de garantir un résultat fiable de la sérologie au niveau individuel.

Il est important que les personnes ayant participé à ces enquêtes ne confondent pas ces tests avec ceux à visée diagnostique pouvant être prescrit par leur médecin. Tout d'abord, contrairement aux tests PCR sur prélèvement naso-pharyngé, ils ne permettent pas de savoir si l'on est malade ou porteur du virus. Ensuite les résultats ne sont pas individuels mais colelctifs sans notion de délai et d'information des personnes ayant participé. Enfin la nature du prélèvement (sang total séché et non sérim) et les propriétés des tests (insistant autant sur la spécificité que sur la sensibilité) ne permettent pas d'obtenir les mêmes informations.

https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2020/enquetes-epicov-et-sapris-quels-sont-les-enjeux-biologiques

Jean-Michel Vialle, Médecin Biologiste
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