L'AMELIORATION DU DEPISTAGE POUR LE CANCER DU COL DE L'UTERUS PASSERA PAR LE LABORATOIRE ET LE TEST HPV

L'AMELIORATION DU DEPISTAGE POUR LE CANCER DU COL DE L'UTERUS PASSERA PAR LE LABORATOIRE ET LE TEST HPV
Catégorie : Point de vue

Dans la stratégie de dépistage du cancer du col de l’utérus actualisée, publiée par la Haute Autorité de Santé (HAS) le 11 juillet 2019, le test HPV (papillomavirus humains) est recommandé en première intention chez les femmes de plus de 30 ans.

Cette actualisation fait suite à une demande de la Direction générale de la santé (DGS) et s’inscrit dans le cadre programme du national de dépistage organisé (PNDO) du cancer du col de l'utérus, priorité du plan cancer 2014-2019. Le PNDO reposait jusqu’à présent sur la réalisation d’un examen cytologique ("frottis" après prélèvement cervico-utérin) chez les femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans tous les 3 ans. Dans cette actualisation, le test HPV remplace désormais l’examen cytologique en première intention chez les femmes de plus de 30 ans.
Le test HPV s’avère en effet nettement plus efficace pour le dépistage du cancer du col de l’utérus d'aprèsla HAS. Avant 30 ans la présence de l'HPV est considéré comme "normale" chez toutes les femmes ayant eu des rapports sexuels. Le test HPV chez les femmes à partir de 30 ans sera désormais réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat était normal, le rythme entre deux dépistages étant ensuite porté à 5 ans dès lors que le résultat du test est négatif. En cas de test HPV positif, un examen cytologique réflexe doit être réalisé sur le même prélèvement. 
Si le résultat de la cytologie est ASC-US (Cellules malpighiennes atypiques de signification indéterminée, c'est à dire douteux) ou anomalies plus sévères, la femme doit être rappelée pour colposcopie. 
Si le résultat de la cytologie est négatif, un test HPV est réalisé un an plus tard. En cas de résultat positif, colposcopie est recommandée. S’il est négatif, l'intervalle de 5 ans est rétabli jusqu'au prochain test. La HAS souligne également la possibilité de réaliser ce test à partir d’un auto-prélèvement vaginal, ce qui pourrait faciliter le dépistage « pour les femmes qui ne se font pas dépister régulièrement ou qui sont éloignées du système de soin », et recommande cette modalité dans ces situations.
L'accès facile au dépistage par l'intermédiaire des laboratoires de ville permettra, on l'espère, de lever l'un des ces fameux freins qui expliquent l'échec global des politiques de dépistage organisé dans notre pays.

Ref : recommandations HAS 15/07/2019

Jean-Michel Vialle (Labinterpret), Médecin Biologiste
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