AUGMENTATION DES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES : LE ROLE DU BIOLOGISTE

AUGMENTATION DES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES : LE ROLE DU BIOLOGISTE
Catégorie : Actualité scientifique et médicale

La recrudescence des infections à chlamydia, de la gonococcie et de la syphilis, observée depuis la fin des années 1990, continue de se vérifier et même de s'accentuer. L'enquête LaboIST menée auprès de l'ensemble des laboratoires de biologie médicale de France et de DOM a montré que le nombre de diagnostics biologiquement confirmés d'infections à chlamydia et de gonococcie a été globalement multiplié par 3 entre 2012 et 2016. Le poids de ces deux infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes aurait été estimé en 2016 en France à plus de 300 000 dont 270 000 pour les infections à chlamydia et 50 000 pour les infections à gonocoque. Ces chiffres sont en deçà de la réalité puisqu'ils ne concernent que les cas d'infections biologiquement confirmées. Les personnes n'ayant pas consulté car asymptomatiques, ou n'ayant pas fait l'objet d'un prélèvement biologique ne sont pas comptabilisées. Ces deux IST touchent davantage la tranche d'âge 15-24 ans avec une prédominance de l'infection à chlamydia pour les jeunes filles et de la gonococcie pour les jeunes hommes et plus particulièrement les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) chez lesquels on dénombrent environ 80% des nouveaux cas diagnostiqués.
Santé Publique France a élargi la surveillance des IST non seulement à d'autres IST à diagnostic biologique comme les infections associées à Mycoplasma genitalium via l'enquête LaboIST qui sera reconduite tous les deux ans, mais aussi à des IST à diagnostic clinique via les GeGIDD (herpès génital, condylomes acuminés). Des données épidémiologiques pourraient être disponibles dans un délai proche.
Pour inverser cette tendance, 2 mesures essentielles : l’utilisation systématique du préservatif et le dépistage en cas de doute ou de prise de risque.
Nos laboratoires ont un rôle important à jouer. En effet  une grande partie des informations provenaient des CeGIDD. Pour une connaissance plus précise du poids des IST, la surveillance doit concerner l'ensemble des sites où le diagnostic d'IST est posé, au premier rang desquels, les laboratoire "de ville". Par ailleurs, les données de laboratoires étant dépourvues d'informations comportementales et cliniques, l'implication des biologistes et des cliniciens est nécessaire pour mieux caractériser les patients pris en charge. Enfin la transmission et l'explication des résultats aux médecins et aux patients est essentielle pour la prise en charge avant la transmission anonymisée aux autorités de santé à des fins épidémiologiques.

Ref : Le Quotidin du Médecin 29/11/2019

Jean-Michel Vialle (Labinterpret), Médecin Biologiste
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