TO BE ENCEINTE OR NOT? INFORMATIONS ET PIÈGES DE L'HCG

TO BE ENCEINTE OR NOT? INFORMATIONS ET PIÈGES DE L'HCG
Catégorie : Actualité scientifique et médicale

On assimile très souvent l'HCG (Human ou Hormone chorionique Gonadotrope) au "test de grossesse". C'est en effet son utilisation la plus courante mais ce n'est pas la seule. En outre, ce dosage recèle des complexités qui font que son interprétation n'est pas aussi simple que ce que l'on veut bien entendre, ce qui peut conduire à des erreurs d'interprétations, des déceptions, des fausses joies...
Si on dose cette hormone pour faire le diagnostic de grossesse, c'est parce que sa fonction est justement de maintenir la gestation. Elle est secrétée par le trophoblaste ("l'ancètre" du placenta) dès le 7ème jour après la fécondation et va augmenter rapidement. Après la 10ème semaine de grossesse, c'est le placenta qui prend le relais en secrétant une autre hormone. L'HCG va alors diminuer mais rester positive jusqu'à la fin de la grossesse.
Les indications de dosage en rapport avec la grossesse sont au nombre de 5 : Diagnostic de grossesse débutante ou évolutive, diagnostic de fausse couche spontanée, diagnostic de grossesse extra-utérine, diagnostic de grossesse molaire, dépistage d'anomalies chromosomiques (trisomie 21, en association avec d'autres marqueurs)

  • Pour le diagnostic de grossesse évolutive (qui reste tout de même la principale indication), quelques notions sont importantes pour l'interprétation des résultats. Tout d'abord les dosages sanguins sont préférables aux dosage urinaires pour plusieurs raisons. Le piège classique du test urinaire est de le réaliser trop tôt (dans les 15 premiers jours après le rapport) et de conclure à l'absence de grossesse. 

Les erreurs de lecture sont aussi fréquentes du fait des instructions qui ne sont pas toujours claires ou de l'état de stress lors de la lecture (prenez une photo et relisez à tête reposée).
Les tests sanguins se positivent plus tôt (en moyenne une semaine en fonction des tests), sont plus fiables et interprétés par des biologistes ou le médecin.
Enfin ils donnent un résultat quantitatif qui permet de dater le début de grossesse et surtout d'avoir un taux de base pour le suivi en permettant de le comparer aux dosages suivants qui pourraient être demandés.
Néanmoins quelques informations sont importantes : Un taux faible (< 100) doit systématiquement être recontrôlé 2 ou 3 jours après et il aura normalement augmenté (il double tous les 2 ou 3 jours au début de la grossesse).
Les taux permettent d'évaluer "l'âge" de la grossesse : de 10 à 200 entre le 7ème et le 15 ème jour, de 100 à 1000 du 15ème au 21ème jour, de 500 à 10 000 du 21ème au 28ème jour...
(NB : Attention, piège classique de vocabulaire : Les gynécologues datent souvent la grossesse en semaines d'amenorhée auxquelles il faut rajouter 2 semaines environ pour avoir l'équivalent en semaines de grossesse).
Autre piège  chez les patientes suivies en AMP et qui ont eu un déclenchement avec une injection d'HCG : Le taux peut mettre une semaine à se négativer donc attention à ne pas faire le test de grossesse trop tôt pour éviter les fausses joies et les vraies déceptions...

  • Pour le diagnostic de fausse couche, la concentration est basse par rapport à l'âge de la grossesse et surtout les valeurs n'augmentent pas et ont même tendance à diminuer. Il faut dans tous les cas vérifier que le taux se négative complètement au bout de quelques semaines. Dans le cas contraire, consulter votre gynécologue car il faudra "compléter" l'avortement.
  • Pour le diagnostic de grossesse extra-utérine, l'implantation de l'oeuf ne 'est pas fait dans la miqueuse de l'utérus mais dans celle de la trompe. Le développement se faisant difficilement, l'augmentation du taux est plus lente (pas de doublement tous les 2-3 jours). Il faut en parler immédiatement à votre gynécologue afin d'intervenir pour sauver cette trompe.
  • Une grossesse molaire est une autre grossesse anormale avec un développement anarchique des tissus de soutien (trophoblaste puis placenta) qui conduit au contraire à des taux anormalement élevés d'HCG. Là aussi l'intervention du gynécologue est indispensable. Autre piège, ne pas confondre avec une grossesse multiple (jumeaux ou plus). Les taux d'HCG sont généralement bien plus élevés en cas de grossesse molaire, des examens complémentaires (échographie, dosage de la fraction Béta...) permettent de faire la différence.
  • Enfin dans le cadre du dépistage de la trisomie 21, une valeur augmentée d'HCG pour l'âge de la grossesse est un facteur de risque de trisomie 21.

Pour vous informer, vous rassurer et dissiper les doutes éventuels, n'hésitez pas à en discuter avec votre biologiste médical ou votre médecin.

Ref : Précis de Biopatholohie Biomnis

Jean-Michel Vialle, Médecin Biologiste
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