POLEMIQUE AUTOUR DE LA MALADIE DE LYME : LE POINT SUR LES EXAMENS DE LABORATOIRE

POLEMIQUE AUTOUR DE LA MALADIE DE LYME : LE POINT SUR LES EXAMENS DE LABORATOIRE
Catégorie : Actualité scientifique et médicale

Dans le feuilleton à rebondissements qui oppose les différents intervenants autour de la maladie de Lyme, un petit rappel s'impose. Compte tenu de la polémique concernant l'importance de l'infection, l'extension du diagnostic à des cas atypiques, la fiabilité des examens biologiques (etc...), la HAS s'était emparée du sujet et a fait paraître des recommandations en Juin 2018 élargissant le champ de la maladie à des symptomatologies plus anciennes et moins bien caractérisées (dénommées SSPT). Les associations de patients s'étaient plutôt félicitées de cette ouverture. Néanmoins, leur caractère "vague" a provoqué le mécontentement de plusieurs sociétés savantes et le désaveu de la DGS qui a demandé un rapport complémentaire à la SPILF (société savante spécialisée en infectiologie). Celle-ci a donc remis en AVril 2019 un rapport avec des recommandations différentes et des critères diagnostiques plus précis mais plus restrictifs. Faut-il préciser qu'elles ont provoqué l'ire des associations de patients et que la confusion est à son comble?

Pour ce qui est de notre domaine, bref rappel de ce qui est actuellement conseillé comme examens de laboratoire :

- Test sérologiques sanguins : pour le diagnostic des infections récecentes ou anciennes avec 2 principes à retenir :
1) Elle ne doit pas être demandée trop tôt (souvent négative jusqu'à 6-7 semaines après la morsure de tique ou le début de l'éryrhème) et doit préférentiellement être contrôlée sur un second prélèvement à 2 ou 3 semaines d'intervalles.
2) Elle doit avoir recours à des méthodes reconnues : Sérologie ELISA dans un premier temps et Western Blot dans un deuxième temps en cas de positivité pour éliminer les réactivités non spécifiques et confirmer la positivité

- Formes neurologiques : Le diagnostic fait appel à des examens sur le LCR après ponction lombaire (liquide inflammatoire, anticorps présents dans le LCR en forte concentration

- Autres formes : Essentiellement diagnostic par PCR sur des lésions cutanées, dans le sang en cas d'atteinte extensive ou le liquide synovial en cas de manifestations articulaires.

En cas de troubles atypiques, la biologie est également utile pour un diagnostic différentiel avec d'autres maladies pouvant donner des symptomes voisins mais avec des tests biologiques permettant de les caractériser et d'éliminer le diagnostic de maladie de Lyme.

Pour dédramatiser, rappelons néanmoins que les morsures de tiques ne donnent lieu à une maladie de Lyme que dans 1 à 2% des cas et que les formes précoces localisées ne vont donner des formes disséminées ou tardives que dans environ 10% des cas.

Ref: FigoniJ,etal.Lymeborreliosisandothertick bornediseases.GuidelinesfromtheFrenchScientificSocieties(I):prevention,epidemiology,diagnosis.MedMalInfect(2019),https://doi.org/10.1016/j.medmal.2019.04.381
https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-06/reco266_rbp_borreliose_de_lyme_cd_2018_06_13__recommandations.pdf

Jean-Michel Vialle (Labinterpret), Médecin Biologiste
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